05
Mar

Slow what?

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Dans le paysage de la presse féminine belge, je demande le Weekend l'Express, supplément « mode et loisirs » de l'hebdomadaire d'information le Vif l'Express. Des séries modes toujours très pointues, qui collent aux tendances et qui font la part belle aux créateurs belges, je dis cocorico.

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Malheureusement, ce n'est pas un magazine auquel je m'identifie totalement, car vendu obligatoirement avec le magazine d'informations (dont j'ai rien à battre), et parce qu'il dispense, outre la mode, beaucoup de sujets (geekeries, gastronomie, etc) qui ne m'intéressent que peu ou prou.

Mais là où le lecteur (donc moi) se sent flatté, c'est qu'on voit qu'on s'adresse à un public intelligent. Pour preuve, le récent article sur le nouveau phénomène constaté dans les hautes sphères de la mode : le slowear.

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Sur le même modèle que la slow food (prendre le temps de bien manger, de se faire des bons petits plats mijotés plutôt que des plateaux télé), le slowear consiste à consommer de façon plus durable.

C'est ainsi que certaines maisons se centrent sur des collections moins éphémères, ou misent sur des lignes de basiques et autres intemporels pour renflouer les caisses. Car, ne nous-y trompons pas, il s'agit bien de cela.

Là où les enseignes de luxe et leurs clients fortunés subissent de plein fouet la crise, il s'agit de rassurer grâce à des pièces douillettes, empreintes de bon sens et de raison... qui induiront l'achat, aussi dispendieux reste-t-il.

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La mode dans la mode donc, mais qui essaye de se faire passer pour quelque chose en dehors de la mode, voilà comment je définirais, à mon humble niveau, le slowear.

Loin de moi, bien évidemment, de défendre vaille que vaille une société où le tout consommer est roi, mais quand je lis que les fashionistas n'hésitent plus, désormais, à mixer du H&M avec du haut de gamme, ça me fait doucement rigoler.

Parce qu'en ce qui me concerne, H&M n'est pas du snobisme, c'est une nécessité. Crise ou pas crise (car il faut bien l'admettre, je ne ressens pas la crise à mon avis sauf à devoir supporter le battage médiatique quotidien...), quand je vais chez Zara ou H&M, ce n'est pas pour le plaisir de consommer vite, mais bien parce que c'est adapté à la taille de mon porte-monnaie.

Alors le slowear, très bien, j'y pense et puis j'oublie, c'est ma vie, c'est ma vie.

08
Mai

Néomaniaque, vous avez dit?

Au pays de la frite, de la bière et du Standard champion, il n'y a pas qu'un ELLE en mode encéphalogramme plat. Il y a aussi le Weekend L'Express, supplément de l'hebdomadaire Le Vif L'express, qui propose, malheureusement dans un format fort mince, des sélections mode souvent très pointues.

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Si je vous en parle, ce n'est pas seulement pour vous montrer ce splendide bracelet camelia (Chanel, of course), bien que, la dernière fois que j'ai parlé de la bague de mes rêves, il n'en fallu pas plus pour que je l'arbore aujourd'hui à mon doigt...

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Point de cela ici, ou plutôt maintenant, mon propos est de vous éveiller à la sociologie des tendances. Guillaume Erner, auteur de l'essai intitulé "Sociologie des tendances", et interviewé par le Weekend, se plonge donc dans l'analyse de la tendance, cet obscur objet du désir.

L'auteur ne révèle malheureusement pas de remède miracle à notre frénésie d'achat, mais explique en substance que le phénomène même de la tendance est dû à la "néomanie", la passion du nouveau:

"Le nouveau bénéficie désormais d'un préjugé favorable (...) Valoriser la nouveauté est devenu si habituel pour nous qu'on a cessé d'y prêter attention alors qu'il s'agit d'une révolution, un bouleversement démarré à la Renaissance et qui s'accélère aux Temps Modernes. Ce mouvement est lié à l'idée de progrès, la néomanie combat l'ennui démocratique."

Faut croire que je m'ennuie. Démoncratiquement parlant, j'entends. Voire même que les idées néo-fascisantes version fashion ont encore de beaux jours devant eux, grâce à moi:

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Foulard H&M, déniché par ma Bénétie adorée...

La tendance, je ne m'y complais pas. Je m'y engouffre...

Sur ce, à vos méninges!