22
FéV

Le parfait alibi

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Je mentirais si je disais que le temps qui passe n’est pas une de mes profondes angoisses. L’autre jour, Sarah La Sage me disait : « les journées passent lentement mais les années filent ». Dieu que c’est vrai !

Les photos sont là pour en témoigner : teint brouillé, cernes, ridules, pattes d’oie, kilos indélogeables, comme autant de preuves de l’inévitable.

Et pourtant, j’ai toujours eu l’impression d’avoir ces fameux trente ans que je n’ai même pas encore. Dans ma tête ils étaient là, déjà bien ancrés, mais je ne les portais pas, physiquement.

Pas plus tard que ce midi, nous étions attablées avec ma-collègue-et-néanmoins-amie selon la formule consacrée et à chaque chanson qui passait on se disait « tiens, c’était la chanson qui passait tout le temps quand j’étais petite, ça ! », jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’on était sur Nostalgie, la radio des années ’70 et ’80…

Pour autant, pas de passéisme, pas d’attachement irrationnel, pas de mièvre « c’était mieux avant ». Non, gageons que ce qui arrive soit mieux. Osons le pari que, stylistiquement parlant, les trente ans soient jalonnés de jolies perspectives.

Je commence à comprendre les sacro-saints et inévitables conseils de style d’Inès de la Fressange, dont on nous rabat les oreilles au moins deux fois par an : investir dans de belles pièces. Comme si, passé un certain âge, l’à peu près ne pardonnait plus. Ce qui, je pense, est deux fois plus vrai quand on fait plus qu’un 38.

Je crois que j’y suis… pas au 38, ah ça non, j’y ai renoncé ! Mais au beau. A moins que ce ne soit qu’on prétexte de plus !

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Tenue 1:

Pull Isabel Marant Etoile (collection actuelle)

Jupe Isabel Marant Etoile (ancienne collection), chaussures Surface 2 Air (rachetées à la Pipelette sur notre vide dressing)

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Tenue 2:

Gilet Isabel Marant Etoile (collection actuelle)

Top Vanessa Bruno Athé, jean enduit H&M, boots Jonak, bracelets grigri Lalla Chiffon (achetés sur Les Folies d'Angie)

25
Jan

Récidive

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Je ne suis fondamentalement pas attirée par les imprimés, mais quand j’y vais, je ne fais pas les choses à moitié. Souvenez-vous, il y a deux ans, mes soldes d’hiver à Paris m’avaient déjà guidée vers de l’imprimé casse-gueule à souhait, et pourtant, cette robe, je l’ai mise, remise, et continuerai à la mettre et à la remettre.

Comme quoi, les voies du shopping sont parfois hautement impénétrables. Cet imprimé-ci, j’avais fashé dessus dès le tout début de la collection automne-hiver, mon panier Net à Porter pour en témoigner, mais ayant rapidement été retenue par son prix, je m’étais dis (comme ça m’est d’ailleurs arrivé par le passé) qu’il était tellement moche que je le trouverai en soldes.

Cette affaire louche a viré à l’obsession depuis le jour où j’ai vu porter La Mocheté par une vendeuse du Printemps, renversante de style, qui l’arborait nonchalemment avec l’air de Celle Qui Sait. Sombre histoire de connivence, j’essaierai de vous expliquer un jour ce qui se passe dans mon cerveau à cet instant précis, mais c’est comme si j’étais adoubée dans mon statut de Chevalière sans peur qui ne recule devant rien.

Apparemment, pas mal de filles avaient été adoubées de la sorte puisqu’il n’y avait déjà plus que trois jupettes dans cet imprimé le premier jour des soldes. Evidemment, ma mère n’aime pas, et pour cause, je ne peux pas entièrement lui donner tort. Mais j’ai tellement fantasmé sur cette jupe que c’est comme si elle était déjà dans mon dressing, tu vois Maman ?

Puis l'Amour du Risque (référence culturelle, quand tu nous tiens...) est en moi, l'amour de la jupette casse-gueule que personne n'aime, personne sauf moi, Chevalière au coeur noble.

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Jupe en soie Etoile Isabel Marant

Sweat American Apparel, broche Marc by Marc Jacobs, collants Hema, boots Zara

16
Nov

Pari(s) perdu

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C’était à l’occasion de mon séjour parisien pendant la dernière fashion week. J’insiste sur la nuance : j’étais à Paris PENDANT la fashion week et non pas POUR la fashion week.

Rarement en effet je me serai sentie aussi peu glamour de ma vie et peu raccord avec toute cette effervescence.

Pourquoi ?

Parce que devoir repayer son ticket de train à bord du Thalys quand tu n’as pas réussi à imprimer sur le quai ton billet précommandé et payé, c’est déjà du lourd.

Parce que le lendemain de cuite avec les copines, c’est moyennement chic quand tu arpentes les rayons de chez Merci en tentant de géo-localiser les toilettes les plus proches.

Parce qu’on s’en foutait comme de notre premier string taille basse (baptisé "scie-crottes" par Anaïk) de se jeter sur un lunch à 14.000 calories la bouchée.

Parce qu’on était sûrement les seules à dire tout haut (voire un peu trop haut) ce que les autres pensaient tout bas, à savoir que la combi en laine de Carine Roitfeld était vraiment très moche.

Parce qu’après la fournaise habituelle des transports en commun, mêlée à la pluie incessante qui ruine ton brushing en 40 secondes, tu ne peux que ressembler à un vieux chien mouillé et odorant.

Parce qu’à une heure de mon départ, j’étais désespérée de n’avoir réussi à shopper que des bigoudis, un porte sèche-cheveux et une brosse ronde en poils de sanglier… jusqu’à ce que…

...jusqu’à ce manteau, en gros, de quoi redonner du baume au cœur et au moral, de quoi ravaler la larmichette pour leur dire au revoir, au revoir et à très vite, les filles, jusqu’à la prochaine fois.

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Manteau Isabel Marant Etoile

Jean slim Sandro, écharpe Hema, bottes Essentiel, sac By Mary

01
FéV

Stock me if you can

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L’action se déroule début novembre. (No comment sur mon niveau de réactivité). (Mais peu importe la période au fond, ça aurait aussi bien pu se passer début décembre, début janvier ou, fucking hell, nous sommes déjà bien début février).

Début novembre donc, son festival de feuilles roussies par l’automne traînant, ses dépressions pré-hivernales, ses perspectives de fêtes de fin d’année qui sont encore bien loin, mais surtout, surtout son déstockage de marques Isabel Marant, Vanessa Bruno, Marc by Marc Jacobs…

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27
Avr

B-day

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Ca devait bien me tomber dessus un jour, et comme par hasard, ça arrive aujourd'hui : j'ai 28 ans. Clap clap clap.

Je m'dis qu'il serait temps d'arrêter cette débauche d'égocentrisme, de plus dépenser les 11/10èmes de ma rémunération en fringues, que j'ai l'âge où il faut faire des mômes et envisager de donner un nouveau tournant à sa carrière pour pouvoir en profiter, de ces ingrats de morveux.

Je m'dis qu'il serait temps que je m'habille plus femme, avec des coupes qui marquent la taille, parce que le boyfriend jean au fond ça craint sa race, que ma sœur m'a jeté un regard sans complaisance l'autre jour en m'disant « on dirait que t'as 10 kilos de plus ».

Je m'dis que je devrais vraiment arrêter de boire en soirée, et même de boire tout court, parce que dans ces cas là je me mets à répéter tout le temps la même chose et qu'à la fin, ça va gaver les personnes de mon entourage.

Je m'dis que cette semaine je vais m'inscrire au powaaaaa plate et que ce sera l'éclate de pouvoir aller essayer des maillots dans les cabines avec néon ultra pourrave de chez H&M une fois que j'aurais perdu ma cellulite.

Alors bon, évidemment, tout n'est pas encore très au point : j'ai pas pu m'empêcher d'acheter une nouvelle paire de Chie Mihara à midi pour fêter mon jubilée, que du coup malheureusement j'ai plus de sous pour mon power plate.

MAIS MAIS MAIS, j'ai pas bu un verre à midi ( !!!) et j'ai reçu une superbelle robe cintrée à la taille mais quand même en matière sweat shirt parce que bon, faut pas trop déconner non plus avec toutes ces résolutions...

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Robe en sweat Isabel Marant Etoile, cadeau de ma môman...
Badges Hema
Chaussures Chie Mihara
Bracelets H&M

 

05
Mar

Parce qu'il m'arrive d'être moi

Oui, je suis moi, et pas en Devernois (z'êtes gentilles), et même qu'il m'arrive de m'épancher, et de parler sentiments. Je vous imagine déjà, l'air racoleur à l'affut du potin (je suis pareille).

Pour tout vous avouer, j'ai deux amouuuurs: mon pays? Bof. Paris? Certainement, j'en reviens, deux journées marathon, shopping à gogo, rencontres délicieuses, intermèdes bouffe copieux. J'y reviendrai, un autre jour, un autre post. Tout vient à point...

Alors, s'agit-il du mari et de l'amant? Même pas.

Aurais-je viré ma cuti pour deux filles? Shoking, absolutely not.

Very well, bien que je sente pointer votre déception, et vous avez raison.

Parce que mes deux amours du moment (et cela me l'a été coûteusement rappelé à l'occasion de mes journées parisiennes), ce sont d'une part, MAJE, qui serait certainement ma seule source d'approvisionnement s'il devait n'en rester qu'une sur une île déserte, et d'autre part, Isabel Marant, mais là, c'est vraiment pas ma faute, mais celle de Bérangère, qui m'a depuis peu inspiré des goûts de luxe. Suis-je influençable, quand même, gageons que je ne croise jamais la route d'une fille s'habillant en Pimkie (ou en Devernois, s'entend).

Une autre constante dans mes choix du moment, indépendante de toute volonté: le bleu marine, sur lequel je me jette, telle Marianne James sur une glace cookies de Hagen Dasz. Le bleu marine, la couleur autrefois réservée aux quarantenaires BCBG en foulard Hermès et collier de perles, en passe donc de devenir mon autre noir, mon nouveau noir, car si le noir est sans espoir, le bleu est quant à lui somptueux.

Enfin, si je devais définir mes envies du moment, j'en concluerai certainement à un certain tiraillement, à la manière du temps, entre flocons de neige et grand soleil. Une garde robe tout en contrastes, voilà ce que je suis en train de constituer.

La preuve par deux: à ma gauche, un cardigan, achat raisonné s'il en est, portable right here right now, pour se rappeler que les derniers frimats de l'hiver sont bien présents, et qu'en avril, on ne se découvrira pas d'un fil (ni en mars d'ailleurs), à ma droite, une jupette courte courte, déraisonnable au possible voire irrationnelle au regard de mes cuissots blanchots qui vont bientôt rentrer en rehab chocolat, chips et tutti quanti.

Mais comme chez Zabou, on vous cache rien, on vous dit tout, voici en direct le match cardigan Maje vs jupette Etoile Isabel Marant (bleus tous les deux, si vous m'avez bien suivie), avec comme arbitre et en avant première mondiale mes flagolets flageollants d'hiver, dont on précisera qu'à défaut d'être colorés (hormis de mes bleus habituels) ils sont au moins déplumés.

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Jean large H&M, sandales Marc Jacobs, tee shirt et gilet MAJE

Jupe Isabel Marant Etoile, tee shirt H&M, blazer Zara, foulard H&M, boots Zara

Alors qui l'emporte: le gilet? La jupette?

Ou alors z'êtes du genre RAF (rien à foutre), je donne ma langue au chat qui passe???