01
Oct

Rêves de cuir, III

Situation vécue : 19 heures sur mon lieu de travail, des rires de pouff’ proviennent d’un bureau. Rectification : moi et ma collègue rigolons comme des pouff’ dans mon bureau.

 

J’essaie mes nouvelles cuissardes. Celles que j’imaginais tellement bien aux côtés de ma robe Hannah Moré rebrodée de cet hiver. Celles que j’ai finalement trouvées dans une solderie, payées 99 €. Des Essentiel, pour ne rien gâcher à mon plaisir.

 

Je suis donc en train d’essayer mes nouvelles cuissardes, pavanant sous les yeux de ma collègue, qui s’extasie devant la beauté du truc, lorsque soudain, soudain, Le Chat arrive. Le Chat, alias le boss, parce que « quand Le Chat est parti, les souris dansent », c'est bien connu.

 

Et là, les souris ne dansent plus subitement, car Le Chat est là, en face de nous, et ses yeux font plusieurs allers-retours entre mes cuissardes – ma tête. Mes cuissardes – ma tête. Comme pour bien se figurer que c’est bien moi, oui moi, la collaboratrice du mois et de tous les autres mois qui porte bien ce que je suis en train de porter.

 

Mais je vous arrête tout de suite : point de regard lubrique, même pas une pointe, non. Plutôt le regard du père, parce que Le Chat est très paternaliste, qui se rend compte que sa fille a grandi, qu’elle est devenue femme.

 

D’ailleurs, tout ce qu’il trouve à me dire, c’est « tu es grande, donc forcément, ça ne peut que bien t’aller ». Et moi, je suis restée là, comme ça, au lieu de lieu demander une augmentation de mon argent de poche. Euh, de mon salaire, pardon.

 

Pas grave, je trouverai toujours bien une occasion de les remettre, mes cuissardes. Parce qu’elles sont trop belles, mes cuissardes. Et il sera alors toujours temps de demander mon augmentation. A effet rétroactif, évidemment.

 

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Cuissardes Essentiel
Robe Hannah Moré
Sautoir Massimo Dutti

 

Sur ce, je vous laisse, la petite souris doit aller danser. Euh, bosser, pardon.

08
Jui

Little Miss Toute Nue

J’ai une amie qui, lorsqu’on était à la fac, avait toujours trop chaud. Dès qu’on rentrait dans un amphi, elle enlevait veste, pull, pour se retrouver en top à fines bertelles. Moi, j’avais tout le temps froid, et j’aurais préféré avoir chaud, car il aurait alors suffit que je retire mes couches, comme un oignon.

Il y avait un groupe de mecs genre bien sous tous rapports, estampillés Ralph Lauren des pieds à la tête, qui l’avait surnommée « Miss Toute Nue ». Hahaha. Bande de couillons. Genre les mecs qui n’avaient jamais dû voir une fille se désaper devant eux.

Mais bref. Vu ce genre de remarques, j’ai toujours peur d’avoir l’air toute nue en sortant de chez moi. Qui n’a jamais rêvé, ou plutôt cauchemardé, de se retrouver à l’école le cul nu et les seins à l’air ?

Du coup, je double toutes mes robes et jupes qui frôlent la transparence, bien que je trouve incroyablement sexy de deviner le galbe d’une jambe à travers le tissu d’une robe.

Le cas du bustier est à mon sens le plus délicat dans l’art de ne pas se sentir toute nue pour aller bosser. En ce qui me concerne j’applique toujours le critère du supermarché : « est-ce que je me sens capable de sortir dans cette tenue pour aller au supermarché ? »

Pour le bustier, la réponse est un grand non. Déjà la simple évocation du rayon surgelés me file des frissons, alors j’imagine non sans une certaine horreur la pêche au sachet de frites, le téton raide et arrogant dans le bustier.

J’ai donc concilié mon envie de robes bustiers (signées Hannah Moré, vous pensez quand même pas que j’allais m’en priver…) avec mon obsession du gilet. En fin tricot ou en gilet d’homme, je pourrais désormais aller acheter mes croquettes de crevettes en toute quiétude.

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Robe Hannah Moré
Gilet Maje
Sandales Zara
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Robe Hannah Moré
Gilet Maje
Sandales Sacha
Sac Anna Corinna